Les bénéfices à participer à un projet européen 

#8 élargir son réseau scientifique et professionnel

Les financements européens n’ont pas leur pareil au plan national, tant par le montant de l’aide que par le niveau de risque et d’ambition qu’ils peuvent prendre en compte. Que vous soyez chercheur ou entrepreneur, s’impliquer dans des projets européens, c’est travailler avec les leaders d’un secteur, avoir une longueur d’avance par rapport à l’état de l’art et aux concurrents sur les innovations à venir ou encore gagner du temps de prospection pour accéder à de nouveaux marchés. Cependant, les bénéfices et impacts des projets européens sont bien souvent méconnus, tout comme le chemin pour les obtenir.

Cette série de témoignages (épisode 1, ép. 2, ép. 3, ép. 4, ép. 5, ép. 6, ép. 7) fera la lumière sur quelques projets financés par le programme Horizon 2020. Les porteurs (chercheurs, entrepreneurs, centres de R&D, clusters, etc.) partagent avec vous leurs retours d’expérience. Le but ? Vous permettre de vous projeter grâce à des exemples concrets et pourquoi pas, vous ouvrir aux opportunités européennes ?

Faiz_Gallouj

Faïz Gallouj, enseignant-chercheur au Clersé, responsable de l’équipe française au sein du projet Co-VAL (composée de 7 chercheurs impliqués dans une dizaine de work packages et leader de l’un d’entre eux).

Le Clersé est une unité mixte de recherche (UMR 8019) ayant pour tutelles l’Université de Lille et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Le projet

Nom : Co-VAL (Understanding value co-creation in public services for transforming European public administrations)

Type : Action de recherche et d’innovation – Projet collaboratif

Appel à projets : CULT-COOP-11-2016-2017*

Partenaire régional : 
Le Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (CLERSÉ) – partenaire et work package leader

Durée : 2017 – 2021

Subventions reçues par les partenaires en région : 4,5 M€

L’appel à propositions CULT-COOP-11-2016-2017 lancé par la Commission européenne porte sur le rôle des administrations publiques en Europe et la manière dont celles-ci sont capables de se transformer pour améliorer la qualité (au sens large) des biens et services qu’elles fournissent à la société.

Le projet

Le projet “Understanding value co-creation in public services for transforming European public administrations” (Co-VAL), coordonné par l’Athens Technology Center, est une étude sur le changement de paradigme qui s’est opéré dans le domaine des services publics au cours de la dernière décennie.

En effet, afin de produire davantage de valeur économique, publique, sociale et civique, les administrations publiques mobilisent de plus en plus de systèmes électroniques et impliquent désormais davantage les acteurs de la société civile dans les processus d’élaboration et de mise en œuvre d’innovations publiques de différentes forme.

« Ce soutien européen nous a permis de faire avancer les connaissances scientifiques des changements de paradigme dans les services publics, comme en témoignent les nombreuses publications issues du projet. Mais il a également permis de renouveler nos équipements informatiques et de payer des vacations à des étudiants. Il nous a donné l’opportunité (avant la crise sanitaire) de voyager à l’étranger pour diffuser notre recherche dans le cadre de colloques internationaux. »

Faïz Gallouj

Les objectifs

  • Fournir un cadre d’analyse pour mieux comprendre comment des processus de co-création peuvent générer plus de valeur dans les services publics ;
  • Identifier et mesurer les innovations transformatives dans le secteur public ;
  • Développer des recommandations et des outils pour mettre en œuvre de nouvelles idées et des bonnes pratiques innovantes.

Le consortium du projet Co-VAL cherche donc à :

  • Faire avancer l’état des connaissances scientifiques sur la transformation des administrations publiques ;
  • Favoriser l’adoption de pratiques de co-création par les administrations publiques elles-mêmes.

A ce titre, de nombreuses ressources sont déjà disponibles sur le site du projet : publications scientifiques, études de cas, recommandations pour les autorités publiques, etc.

Le rapport fournit de nombreuses études de cas rendant compte de différentes manières d’aborder les processus de co-innovation dans les services publics : qu’il s’agisse 1) de la transformation digitale des services publics, 2) du design de service, 3) des living labs, 4) ou des réseaux d’innovations sociales dans les services publics. Ainsi, s’agissant de ce dernier processus de co-innovation, l’équipe lilloise a coordonné un work package qui a élaboré 25 études de cas approfondies contenant une multitude d’informations qui peuvent inspirer les pouvoirs publics à différents niveaux, sur de nombreuses questions opérationnelles : la formation des réseaux d’innovation sociale,  leur topologie, leur mode de fonctionnement (facteurs déterminants et obstacles), leurs impacts, etc.

Dans le cadre de ce projet a également été réalisée une des premières enquêtes internationales sur l’innovation dans les services publics. Un questionnaire a été envoyé à 3 000 administrations publiques européennes dont 1 000 ont répondu. Cela a permis la réalisation de nombreuses analyses statistiques, par exemple sur la relation entre le mode d’organisation de l’innovation (top down / bottom up) et les résultats de l’innovation (qualité des services, réduction des coûts, expérience des citoyens, etc.).

Un exemple de résultat : des recommandations pour les “gouvernements électroniques”

Dans un des work packages, des équipes du projet Co-Val ont tenté de cartographier les pratiques de gouvernements électroniques[1] dans différents pays et cela leur a permis d’en tirer déjà quelques premiers constats :

  • Les plus petits pays sont plus efficaces que les grands
  • Quel que soit le pays concerné, les deux principales recommandations qui émergent sont :
    • Passer à une vision endogène des technologies et les intégrer véritablement dans l’organisation pour permettre à ces « gouvernements électroniques » de fonctionner. En effet, aujourd’hui, les technologies sont plutôt vues comme des outils exogènes dont on analyse les impacts sur les modes de fonctionnement.
    • Passer d’une organisation en silos à une organisation transversale, favorisant ainsi les échanges entre les différents services/organisations publiques (sur ce qui fonctionne/ne fonctionne pas, etc.) et rendant les systèmes interopérables.

 

[1] Le gouvernement électronique (e-gouvernement) peut être défini comme l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par les agences gouvernementales, avec les objectifs principaux suivants : améliorer la qualité des services publics, promouvoir l’interaction entre les entreprises, renforcer la participation des citoyens par l’accès à l’information et enfin réinventer les processus administratifs.

Quels intérêts et bénéfices pouvez-vous en tirer ?

Élargir son réseau scientifique et professionnel

« Grâce à ce projet, nous avons noué des relations avec des personnes hautement qualifiées dans des secteurs de recherches variés, nous ouvrant à d’autres horizons essentiels à nos recherches. Nous avons également eu l’opportunité de participer à des conférences européennes (ex. RESER), entraînant un échange d’informations primordiales entre plusieurs pays ce qui est essentiel pour augmenter davantage notre visibilité. »

Faïz Gallouj

Au-delà de l’avancement des connaissances sur le champ de recherche en question, le projet Co-VAL a fortement renforcé la visibilité du Clersé et ses liens avec d’autres acteurs clés du domaine (acteurs académiques ou autorités publiques).

Cela a notamment permis aux partenaires du consortium de publier dans de nombreuses revues internationalement reconnues (Public Management Review, Research policy, Technological forecasting and social change). Grâce à cette visibilité, Faiz Gallouj a pu développer davantage la revue lilloise « European Review of Services Economics and Management » (ERSEM) dont il est, aujourd’hui, rédacteur en chef. C’est un bénéfice indirect résultant du projet Co-VAL qui finalement agit en tant que catalyseur de sollicitations européennes et internationales diverses.

Faiz Gallouj, et d’autres chercheurs issus du Clersé sont aussi plus régulièrement sollicités pour intervenir dans des conférences ou des colloques, où ils sont amenés à présenter leurs travaux et notamment les résultats issus du projet Co-VAL. Dans le prolongement du projet Co-VAL, Faiz Gallouj a également été invité à expertiser des projets financés par l’agence nationale de recherche norvégienne et a été professeur invité à l’université de Sao Paolo où il a donné des cours et des conférences sur les innovations dans les services, y compris, dans les services publics !

Le projet Co-VAL a donné naissance à de nombreuses collaborations, que ce soit entre les membres du consortium ou avec d’autres partenaires, ouvrant ainsi la perspective de développer d’autres projets européens dans le futur.

Réussir son projet européen : les facteurs clés du succès

Selon Faiz Gallouj, plusieurs éléments sont décisifs dans la réussite et la sélection d’un projet au niveau européen :

  • La qualité des partenaires est essentielle. Ceux-ci doivent être des spécialistes dans leur domaine ayant déjà fait leur preuve dans le milieu scientifique. Ensuite, la qualité de l’interconnexion des réseaux, l’hybridation et le caractère innovant du projet feront la toute la différence.
  • S’entourer d’un coordinateur spécialisé et expérimenté dans la gestion de projet européen est indispensable. Dans le cadre du projet Co-VAL, le choix a été fait de nommer spécifiquement un coordinateur scientifique (en plus du rôle de coordinateur administratif projet). Cela a été très apprécié par les partenaires et a contribué à la bonne réalisation du projet.
  • Bien définir les objectifs dès le début de la collaboration et prendre le temps de construire un projet scientifique précis et élaboré sont aussi des facteurs déterminants.

« Pour remporter l’appel à propositions, la préparation en amont est la clé de la réussite. En particulier la partie scientifique car votre proposition doit être d’une telle qualité qu’elle pourrait être d’emblée publiée dans une revue de haut niveau. »

Faïz Gallouj

Les partenaires du projet Co-VAL

En savoir plus

Contacter Faïz Gallouj faiz.gallouj@univ-lille.fr

Contacter STEMP Service transversal expertise et montage de projets de l’Université de Lille stemp@univ-lille.fr

Plus d’infos sur le projet : https://www.co-val.eu/

Vous souhaitez monter ou participer à un projet européen et vous faire accompagner : europe@hautsdefrance-id.fr

Pour en savoir plus sur le programme Horizon Europe, consultez cette page

Ce témoignage est le résultat d’un travail mené mené par le Clersé, l’Université de Lille (Direction générale déléguée à la recherche et à la valorisation, Direction de la communication), la Région Hauts-de-France, HDFID et le master MEA (Université de Lille).

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