Les bénéfices à participer à un projet européen 

#2 Regrouper de nombreuses technologies au sein d’un même projet

Les financements européens n’ont pas leur pareil au plan national, tant par le montant de l’aide que par le niveau de risque et d’ambition qu’ils peuvent prendre en compte. Que vous soyez chercheur ou entrepreneur, s’impliquer dans des projets européens, c’est travailler avec les leaders d’un secteur, avoir une longueur d’avance par rapport à l’état de l’art et aux concurrents sur les innovations à venir ou encore gagner du temps de prospection pour accéder à de nouveaux marchés. Cependant, les bénéfices et impacts des projets européens sont bien souvent méconnus et le chemin (pour les obtenir), largement appréhendé.

Cette série de témoignages fera la lumière sur quelques projets financés par le programme Horizon 2020. Les porteurs (chercheurs, entrepreneurs, centres de R&D, clusters, etc.) partagent avec vous leurs retours d’expérience. Le but ? Vous permettre de vous projeter grâce à des exemples concrets et pourquoi pas, vous ouvrir aux opportunités européennes ?

Le mois dernier, nous avons vu, en prenant l’exemple du projet MultiphysMicroCaps, en quoi le montage d’un projet européen permettait de consolider ses résultats de recherche. Aujourd’hui, nous ferons un zoom sur le projet DOC-3D-PRINTING qui a permis de réunir dans un seul projet une dizaine de technologies et de les comparer entre elles. C’est un projet unique de par le nombre de technologies investiguées !

Anne Leriche LMCPA

Anne Leriche, Professeur des Universités au sein du Laboratoire des Matériaux Céramiques et Procédés Associés (LMCPA) de Maubeuge de l’Université Polytechnique Hauts-de-France (UPHF), partage avec nous son retour d’expérience à mi-parcours de ce projet européen.

Le projet

Anne Leriche LMCPA
Nom : DOC-3D-PRINTING, Grant Agreement n° 764935 Type : Projet collaboratif de recherche appliquée Appel à projets : Actions Marie Sklodowska-Curie Partenaire régional : Laboratoire des Matériaux Céramiques et Procédés Associés (LMCPA), Université Polytechnique Hauts-de-France (UPHF). Localisation : Maubeuge Durée : 2018 – 2022 Budget : 3 556 878,48€
Les Actions Marie Sklodowska-Curie (A.M.S.C.) concernent tous les domaines de la recherche et de l’innovation : de la recherche fondamentale à la commercialisation. Elles sont ouvertes aux chercheurs de tous âges et de tous niveaux de compétence, quelle que soit leur nationalité, dans les universités, les instituts de recherche, les infrastructures de recherche, les entreprises et les autres acteurs socio-économiques de tous les pays. Une attention est accordée à encourager une forte participation des entreprises, notamment les PME, pour la mise en œuvre et l’impact des A.M.S.C.

Le projet

DOC-3D-Printing est un réseau de formation innovant composé de 6 partenaires universitaires, 1 association à but non lucratif et 7 industriels (grandes entreprises et PME) axés sur l’impression 3D de céramiques appliquées aux domaines médical et aérospatial.

L’utilisation des procédés d’impression 3D dans l’industrie céramique reste peu courante ; des progrès technologiques restent à faire et des activités de recherche sont indispensables pour des applications industrielles fiables. La communauté de la fabrication additive traite actuellement principalement des matériaux métalliques ou polymères et l’industrie de la céramique manque de chercheurs qualifiés susceptibles d’exploiter ces innovations. La formation est donc un enjeu majeur pour soutenir l’innovation dans l’industrie céramique et pour la compétitivité européenne.

L’objectif ?

Appliquer les techniques de fabrication additive comme la stéréolithographie (SLA), le robocasting, le binder jetting, la déposition laser (LMD), fusion ou frittage par laser (SLM/S) pour la fabrication de pièces de forme complexe en céramique avec des densités jusque 100%.

Ainsi, l’ensemble des travaux permettra de résoudre chaque besoin de la chaîne de fabrication de manière innovante :

  • des matières premières multi-structurées et adaptées aux différentes techniques de fabrication additive à un coût moindre
  • développer le design de nouveaux équipements d’imprimante 3D spécialement conçues pour la céramique
  • développer des démonstrateurs de produits céramiques au design innovant de façon à corréler les avancées avec la fabrication industrielle dans le domaine du médical et de l’aérospatial
  • définir et établir les standards, qualification et analyses de risques
  • augmenter les connaissances sur la modélisation des procédés et les caractérisations des pièces et développer les outils spécifiques pour cela.

Du point de vue du niveau de maturité technologique (TRL), DOC-3D-Printing permettra le passage du TRL scientifique au TRL commercial (3 à 7). Les succès escomptés nécessitent un effort conjoint des universités et de l’industrie facilité par le plan de travail synergétique qui est proposé.

Les matériaux céramiques sont plus durs, ont une meilleure résistance à l’usure et à la température, ils apportent donc des avantages considérables par rapport aux métaux ou aux polymères dans certains domaines. On peut citer le biomédical avec la réalisation d’implants dentaires de forme complexe ou l’aérospatial avec par exemple la fabrication de pièces pour les moteurs qui sont sujets à de fortes températures. 

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Photo de pièces macroporeuses en phosphate de calcium par robocasting

Les bénéfices du projet européen

#2 Regrouper de nombreuses technologies au sein d’un même projet

Ce partenariat européen a permis de regrouper au sein d’un même projet un panel d’une dizaine de technologies comme la stéréolithographie, le robocasting et le binder-jet qui sont aujourd’hui investiguées au LMCPA à Maubeuge et au Belgian Ceramic Research Centre (BCRC) à Mons (Belgique). Elles y sont étudiées mais surtout analysées comparativement les unes avec les autres. Ce nombre élevé de technologies rend le projet unique en son genre. En effet, cela demande une bonne connaissance de celles-ci, une collaboration étroite entre les partenaires et un investissement humain et financier conséquent. Cela n’est réalisable que dans le cadre de ce projet européen.

Nous avons d’ailleurs été contactés par plusieurs industriels européens du secteur biomédical pour lesquels nous avons réalisé quelques prestations. En effet, via les techniques que nous développons, il sera possible par exemple de faire une radio le matin et de pouvoir implanter le patient le soir, ce qui est révolutionnaire ! 

Vidéo de présentation du projet réalisée par les doctorants
Et aussi, de nombreux bénéfices pour le LMCPA

Ce projet a permis au laboratoire de recruter 3 étudiants venant d’autres pays (un critère obligatoire pour répondre à cet appel à projets) (14 doctorants sur l’ensemble du projet), ce qui n’est pas une démarche courante pour le LMCPA. L’expérience se révèle très enrichissante : découverte d’autres types de formations, d’autres cultures, etc. Les financements octroyés permettent de proposer des rémunérations conséquentes, ce qui contribue à l’attractivité du laboratoire et indirectement, à son rayonnement par le recrutement de très bons profils auxquels le laboratoire n’aurait peut-être pas eu accès sans ces financements. Par ailleurs, afin de favoriser les échanges d’expérience ces doctorants travaillent quelques mois chez un autre partenaire du projet, académique ou industriel.

Ce projet ainsi que le projet RISE AMITIE permettent au LMCPA de rayonner au niveau européen et d’être reconnu comme un acteur recherche essentiel dans le domaine des céramiques techniques et des procédés innovants.

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Les 3 thésards inscrits LMCPA : Chloé Goutagny, Nicolas Somers et Qirong Chen au laboratoire de Maubeuge occupés à la synthèse de poudres phosphocalciques.

Si vous aviez un conseil à donner, ce serait ?

Il y a un lien très clair entre réseaux et projets, c’est un véritable avantage que de faire partie de réseaux locaux, nationaux et internationaux.

L’équipe est membre du Groupe Français de la Céramique (société savante) et de la European Ceramic Society (qui regroupe toutes les sociétés nationales de céramique en Europe). Cela a joué dans l’obtention des projets ; il y a des colloques tous les deux ans au niveau européen et cela crée de nombreuses rencontres.

Le fait qu’Anne Leriche ait été évaluateur de projets FP7 mais aussi évaluateur dans des projets nationaux de différents pays ouvre des portes.

A noter aussi que l’équipe est impliquée depuis très longtemps dans des projets – ex. : projet COST « NEWGEN », projet MSCA RISE « AMITIE », de nombreux projets Interregs France-Wallonie-Flandres. La dynamique est ancienne et se poursuit mais la compétition s’est accrue, c’est devenu plus difficile.

 

Ce projet nous a ouvert la voie pour la participation à d’autres projets européens (sur laquelle nous étions déjà bien engagés) et notamment Horizon 2020. En effet, notre collègue de l’Université de Birmingham (partenaire lui aussi de DOC-3D-PRINTING) nous a associés à un autre projet Marie Sklodowska-Curie que cette université coordonne et qui a commencé en début d’année : le projet AIMed. Si nous n’avions pas travaillé ensemble dans le projet DOC-3D-PRINTING, ils ne nous auraient pas associés à ce deuxième projet

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Photo du groupe de thésards avec David Grossin de l’université de Toulouse, porteur du projet DOC 3D Printing et Anne Leriche responsable pour le LMCPA-UPHF prise l’an dernier lors de la conférence YCAM sur la fabrication additive de matériaux céramiques.

En savoir plus

Contactez Caroline Simon, ingénieure de recherche à l’UPHF : Caroline.Simon@uphf.fr

Plus d’infos sur le projet : suivez ce lien

Vous souhaitez monter ou participer à un projet européen et vous faire accompagner : europe@hautsdefrance-id.fr

Participer à l’événement de lancement du nouveau programme européen de financement de la recherche et de l’innovation Horizon Europe le 1er décembre : suivez ce lien.

Ce témoignage est le résultat d’un travail mené entre l’UPHF, la Région Hauts-de-France et HDFID.

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