PME, startups : l’Europe même pas peur !

Le 20 novembre dernier une manifestation était organisée dans le cadre des Rencontres de la Recherche et de l’Innovation sur le thème « l’Europe, même pas peur ! ». A cette occasion, Pascal Formisyn, expert des financements européens dédiés aux entreprises et Point de Contact National PME a détaillé les outils de financement disponibles.

Les financements européens n’ont pas leur pareil au plan national, tant par le montant de l’aide que par le niveau de risque qu’ils peuvent prendre en compte. Par ailleurs, s’impliquer dans des  projets européens, c’est aussi travailler avec les leaders d’un secteur, avoir une longueur d’avance par rapport aux concurrents sur les réglementations à venir ou encore gagner du temps de prospection pour accéder à de nouveaux marchés sectoriels ou géographiques. Les PME ne sont pas assez informées sur le sujet.

De l’exigence qui paie : les entreprises

régionales témoignent !

Nous sommes à un moment clef du financement de l’innovation, l’Europe renforce les aides dédiées aux entreprises pour des projets d’innovation ambitieux, risqués et à haut potentiel. Si vous souhaitez changer d’échelle, industrialiser votre activité, accéder à de nouveaux marchés internationaux, anticiper les réglementations à venir, voici de précieux conseils offerts par ceux qui sont passés par ce parcours d’entrepreneurs européens…

« T’Air Energies a défini un nouvel écosystème d’hydrogène simple et accessible et implantera un démonstrateur près d’Arras, avec une mise en service programmée en juillet 2021. L’investissement de ce site est de 7,4 M€. Pour ce projet d’intérêt général, basé sur l’exploitation de technologies innovantes mais avec des niveaux de maturité variables, nous avions besoin d’un financement adapté : seul le financement européen le permettait.

Grâce à ce programme, nous avons également une communication plus étendue qui va bien au-delà des frontières européennes. En effet, la première phase nous a permis de gagner en visibilité et a eu un effet de levier. Nous ne sommes pas encore lauréats de la phase 2, nouvellement EIC Accélérateur, mais nous avons reçu un label d’excellence, qui nous a permis de nous rapprocher de la Région et de mettre les acteurs clés autour de la table pour voir comment et quand chacun pourra contribuer au projet, notamment pour obtenir des lettres d’engagement, des rendez-vous financiers, etc. Nous travaillons en parallèle sur notre dossier. “

Découvrez en vidéo son parcours d’entrepreneur européen...

« L’Europe est dans l’ADN de Lifebloom par la multiculturalité du projet que nous portons et par des expérimentations européennes que nous menons. Il y a 5 mois je ne savais pas ce que c’était un projet européen. On a participé à une session d’information organisée en région, et avons passé en revue les appels à projets santé pour 2019. Nous avons identifié tout de suite un sur lequel on était particulièrement cohérent.

Avec HDFID, on a travaillé plus précisément sur le sujet pour comprendre la dynamique de ces projets et avons bénéficié d’un FRAPPE. Nous avons rapidement associé un acteur clé dans le domaine en région, le CHU de Lille. Dans la dernière ligne droite du projet, il nous manquait des partenaires très ciblés. Grâce au réseau EEN*, nous avons réussi à compléter notre consortium.

Il ne faut pas négliger les ressources humaines dédiées à la rédaction du projet même si on est accompagné. Le travail sur ce type de projets n’est pas du temps perdu, on peut réutiliser les éléments préparés pour son pitch – cela nous a aidé à structurer notre projet et nous avons aussi revu notre proposition de valeur… »

Découvrez en vidéo son parcours d’entrepreneur européen…

« Pour nous, les financements européens sont vitaux. Le rachat d’une technologie de rupture, BIOMIMESYS, nous demande plus de R&D et de revoir notre Business Model dans une optique d’internationalisation. Les financements européens doivent nous permettre d’accéder au marché, et de poursuivre notre R&D.

Au début, j’étais très frileuse à l’idée de travailler avec des consultants. Nous avons donc tout fait en interne : on a soumis notre projet plusieurs fois et on n’a jamais atteint la bonne évaluation. Finalement grâce à HDFID, nous avons choisi d’être accompagné par un cabinet. Cela nous a sorti la tête du guidon et permis de mieux expliquer notre stratégie à long terme, le business plan, le marché… Nous sommes principalement des scientifiques et il faut aussi raisonner marketing, marché et projeter son entreprise à 1, 5, 10 ans. Aujourd’hui, nous n’y sommes pas encore, mais cela nous a fait avancer, nous persistons.

Je suis française, je veux que notre innovation reste en Europe alors que beaucoup partent à l’étranger. »

Découvrez en vidéo son parcours d’entrepreneuse européenne...

« IXSANE a la recherche et l’innovation dans son ADN depuis la création de l’entreprise il y a 10 ans. Les projets européens sont à la fois une source de co-financement de nos activités R&D, mais aussi le moyen de partager les risques, de créer des activités nouvelles, de développer des collaborations avec des experts européens, et enfin de confronter/tester nos idées, concepts, prototypes au-delà de notre contexte local.

Ce qui est important pour détecter des opportunités, c’est la veille : il y a beaucoup de séminaires sur les appels à projets européens en webinaire et à l’heure du midi du midi, ça ne prend pas beaucoup de temps et permets de voir où candidater.

Après 100% des lauréats sont accompagnés par un consultant, donc on l’a vite compris et on a travaillé avec un cabinet pour monter notre proposition. Pour les lauréats, il y a automatiquement des heures de coaching, en plus de la subvention, qui peuvent porter notamment sur le management. Pour une PME c’est très intéressant. »

Découvrez en vidéo son parcours d’entrepreneur européen…

« C’est un alignement des planètes qui a fait que nous avons candidaté à un projet européen : c’était le bon moment, nous avions tout : un partenaire académique avec lequel nous avions déjà abordé la thématique de l’appel, un appel qui correspondait à la technologie que nous voulions développer pour un nouveau marché, par rapport à notre marché habituel.

Au départ, on est face à un fonctionnement compliqué, il faut « parler européen »…. Mais on a été aidé par un dispositif en région, le FRAPPE, qui nous a donné accès à un cabinet spécialisé dans le dépôt de projets européens sur notre thématique. Une fois compris le mécanisme, tout est très bien huilé, et tout se fait en ligne. L’intérêt de l’Europe c’est que l’on sait que l’intégralité du projet est financée. En plus, dans le projet collaboratif que nous avons remporté, nous travaillons avec notre futur client, et avons ainsi gagné 3 ans de prospection commerciale».

Découvrez en vidéo son parcours d’entrepreneur européen...

En Hauts-de-France, nous vous accompagnons

dans votre projet européen

Le process pour aborder ces projets européens peut sembler complexe aux premiers abords. De fait, ces financements attirent de nombreuses entreprises européennes. Mais aux dires de ceux qui ont tenté leur chance, cette exigence est à relativiser quand l’entreprise bénéficie d’un accompagnement dédié.

Pour en savoir plus sur les dispositifs dont ils ont bénéficié, consultez et téléchargez le guide des aides.

Faire de l’Europe un leader de l’innovation

Si l’Europe ne représente que 7% de la population mondiale, elle pèse 20% de la R&D et 1/3 des publications scientifiques. Dans ce cadre, l’Europe doit s’améliorer pour transformer son leadership scientifique en leadership en matière d’innovation et d’entrepreneuriat. En effet, avec 1,3%, elle se trouve loin derrière les Etats-Unis et l’Asie qui ont des taux de transformation de 2% à 3%. Conclusion : Nous ne transformons pas le fruit de notre recherche en business.

« l’Europe, nous sommes des nains, c’est un constat quand on regarde le panorama des entreprises innovantes sur l’Asie ou les Etats-Unis ». Pascal Formisyn.

Or, l’ambition de l’Union Européenne est de devenir un leader de l’innovation. Cela nécessite un changement de paradigme et une évolution des financements qui s’appuient sur : l’INNOVATION de RUPTURE et l’opportunité BUSINESS ! Pour faire simple, 2 grands types de projets peuvent être financés dans ce cadre :

  1. Des projets de R&D collaboratifs, c’est-à-dire des collaborations entre acteurs de la recherche, des industriels, des PME et startups sur des technologies à faible maturité. Dans ce cas on répond en consortium à un appel à projets européen avec 1 thème et un 1 budget définis.
  2. Nouveau : Des projets qui visent un marché en forte croissance et qui vont impacter la dynamique et la structure du marché. Cela concerne les PME et startups fortement innovantes. Elles doivent démontrer qu’elles visent des usages que d’autres n’ont pas encore visé et qu’elles souhaitent provoquer la création de nouveaux marchés.

Là, on fait remonter son idée, quel que soit le domaine à partir du moment où cette idée est disruptive. Ce sont des subventions que l’on ne trouve pas en France !!

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