Deux enquêtes pour mieux comprendre les parcours financiers des créateurs
Afin d’obtenir une vision à la fois précise et globale des pratiques de financement, deux enquêtes distinctes ont été menées au cours de l’année 2024.
La première, réalisée au premier semestre, s’adressait à des porteurs de projets accompagnés dans la phase de « Montage financier ». Elle a été envoyée à plus de 5 200 porteurs inscrits sur la plateforme depuis le 1er janvier 2020 et a recueilli 259 réponses, soit un taux de retour de 5 %, après deux relances par email.
La seconde enquête, conduite au second semestre, visait cette fois des porteurs non accompagnés sur la phase de « Montage financier ». Diffusée auprès de plus de 8 300 porteurs de projets inscrits sur la plateforme, elle a obtenu 261 réponses, correspondant à un taux de retour de 3 %, sans relance.
Ce double regard permet d’analyser finement les différences de profils, de besoins et de pratiques selon le niveau d’accompagnement.
Des profils de porteurs sensiblement différents
Les résultats montrent que le profil des répondants varie sensiblement selon qu’ils aient bénéficié ou non d’un accompagnement financier. Les porteurs accompagnés sont majoritairement des créateurs d’entreprises dites « classiques », tandis que les porteurs non accompagnés relèvent plus fréquemment de la micro-entreprise. Cette seconde population est également plus féminine.
Ces différences structurelles influencent naturellement les besoins de financement, les ressources mobilisées et la manière dont les porteurs abordent la recherche de fonds.
Des besoins de financement largement partagés
Quelle que soit la cible interrogée, la majorité des porteurs de projets mobilise des ressources financières pour lancer son activité. Chez les porteurs accompagnés, le recours à des financements externes est largement répandu et vient le plus souvent compléter l’apport personnel.
Du côté des porteurs non accompagnés, cette mobilisation est plus limitée mais reste significative. Un porteur sur quatre a en effet fait appel à des financements externes, au-delà de son apport personnel, démontrant que les besoins financiers ne sont pas exclusivement liés à la création d’entreprises de plus grande taille.
Type de structure et modes de financement : des logiques différenciées
Le type d’entreprise créée joue un rôle important dans la structuration du financement, sans pour autant exclure certaines pratiques. Parmi les porteurs accompagnés en phase de « Montage financier », les créateurs d’entreprises « classiques » ont très majoritairement combiné leur apport personnel à des financements externes. À l’inverse, les créateurs de structures plus modestes ont davantage eu recours soit à l’apport personnel, soit à des financements externes, mais plus rarement aux deux simultanément.
Chez les porteurs non accompagnés, un quart des répondants a néanmoins mobilisé des financements externes, principalement dans le cadre de créations de micro-entreprises, confirmant que ces dispositifs ne sont pas réservés aux seules entreprises dites « classiques ».
Quelles ressources financières mobilisées ?
Dans les deux populations étudiées, l’apport personnel repose avant tout sur l’épargne personnelle. En revanche, la nature des financements externes diffère selon le niveau d’accompagnement. Les porteurs accompagnés ont principalement recours aux prêts bancaires et aux prêts d’honneur, tandis que les porteurs non accompagnés s’appuient davantage sur des dispositifs d’aides financières.
La recherche de financement : un ressenti contrasté
L’étude met en évidence un écart marqué dans le ressenti face à la recherche de financements. Les porteurs non accompagnés qui ont engagé des démarches déclarent avoir rencontré davantage de difficultés. Plus largement, les résultats soulignent le rôle déterminant de l’accompagnement dans la manière dont les porteurs vivent cette étape clé de leur projet.
L’accompagnement permet non seulement de structurer les démarches et de mieux identifier les leviers existants, mais aussi de renforcer la confiance des porteurs dans leur capacité à dialoguer avec les financeurs. À l’inverse, l’absence d’accompagnement peut accentuer le sentiment de complexité et de manque de lisibilité des dispositifs.
Le plan de financement, un enjeu clé pour tous les porteurs
Fait notable, les porteurs non accompagnés sont légèrement moins nombreux à déclarer des difficultés dans l’estimation des différents postes budgétaires. Toutefois, les postes jugés les plus complexes à évaluer sont identiques pour les deux cibles : la trésorerie de départ et l’évolution du besoin en fonds de roulement en cas de croissance du chiffre d’affaires.
L’étude révèle également que, dans certains cas, le plan de financement initial s’est avéré inférieur aux besoins réels, un écart susceptible de fragiliser la viabilité du projet dès ses premières phases.
Des enseignements pour faire évoluer les parcours d’accompagnement
Ces résultats mettent en lumière un besoin partagé : renforcer la sensibilisation aux enjeux financiers tout au long du parcours entrepreneurial. Intégrer un module dédié au soutien financier, y compris pour les porteurs ne souhaitant pas être accompagnés sur la phase de « Montage financier », apparaît comme une piste pertinente.
La mise en place d’un autodiagnostic, permettant d’évaluer la maturité financière du porteur et de l’orienter vers les ressources adaptées, constituerait également un levier intéressant pour sécuriser les projets en amont.
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