1. Une raison d’être clairement définie
Si on vous proposait d’embarquer sur un navire sans vous donner l’intérêt du voyage ni la destination, vous trouveriez ça absurde n’est-ce pas ? Il en va de même pour la création d’une communauté. Une communauté viable est avant tout une communauté qui a une identité forte, un cap et des objectifs. En résumé, à la question « ça sert à quoi ? », la réponse doit être structurée, limpide et sans ambiguïté.
Ce qui fait en général le succès d’un club d’entreprise dans la durée est lié au sens d’en faire partie, à la force des valeurs partagées et aux avantages (objectifs ou perçus) que chaque membre en tire (business, prise de recul, entraide, soutien moral, etc.).
Ainsi, prenons l’exemple d’un club d’entreprises bien connu (à vous de deviner 😊).
Sur la page d’accueil du site, on a clairement :
- L’objectif et la cible : « rassembler des entrepreneurs dirigeants d’entreprises de tailles diverses, TPE,PME et ETI désireux de se retrouver entre pairs pour réfléchir ensemble aussi bien au développement de leur activité qu’à leur développement personnel… Et c’est en partageant leurs histoires, leurs succès, leurs expériences, leurs préoccupations ou interrogations, qu’ils seront à même de se ressourcer, de s’enrichir humainement, de s’épanouir et de progresser. »
- Des valeurs définissant l’identité du club : «l’Ecoute, l’Echange, l’Entraide, l’Epanouissement, l’Equilibre et l’Efficacité »
2. Un ciblage pertinent des membres
Une Communauté qui fonctionne bien, c’est avant tout des membres dont on connait les attentes, les besoins et les caractéristiques. Ce sont aussi des personnes qui, dans leur état d’esprit ont la volonté de partager, ou du moins pour une partie d’entre eux qui constituent la « locomotive » de la communauté. Si l’attente de tous vos membres est uniquement de la communication descendante (besoin de veille sur une thématique donnée par exemple), même si le besoin est réel, il ne sera pas satisfait par une communauté, et des formats de type newsletter, bulletin seront largement suffisants et moins complexes à mettre en œuvre.
Une communauté ne peut fonctionner que si ses membres représentent un écosystème cohérent et si ils souhaitent interagir entre eux. Vous ne pouvez donc pas faire l’impasse sur leurs attentes.
N’hésitez pas régulièrement à les interroger collectivement ou individuellement.
3. Une animation récurrente et engageante
Pas de communauté sans animation. Le danger fréquent rencontré dans la création d’une communauté est de croire qu’il suffit de réunir des personnes ayant un centre d’intérêt commun pour que les échanges soient spontanés et fructueux. Une communauté ne vit que si on lui insuffle régulièrement une dynamique, des rituels, du contenu et des appels réguliers à l’interactivité. Plus que l’intensité de cette animation, ce qui compte c’est la régularité et l’organisation dans le temps. En effet, animer une communauté peut s’avérer très chronophage et il vaut mieux faire peu et régulièrement que massivement par à-coups.
Exemple d’animations :
rituels d’accueil des nouveaux arrivants invités à se présenter, appel à témoignage sur un sujet, organisation régulière d’événements en présentiel et visio, sondages, appel à compétences, focus sur l’actualité des membres, challenges, …
4. Un réseau d’ambassadeurs
L’animation d’une communauté peut rapidement s’avérer très chronophage et si elle repose sur les épaules d’une seule personne. Le fonctionnement risque alors de rester descendant et très démotivant pour l’animateur de communauté. Il est donc important de constituer rapidement un pool de membres que l’on implique dans le fonctionnement de la communauté constituant un « comité de pilotage » ou l’équivalent. Ces personnes seront choisies individuellement pour leur aptitude à fournir des contributions régulières et à valeur ajoutée et pour leur appétence à l’échange.
Tips pour identifier et impliquer ces membres clés :
– Ayez un œil sur les compétences et les parcours des personnes. Repérez les acteurs dont l’expertise peut nourrir efficacement la communauté
– Observez leur comportement sur des réseaux comme LinkedIn. Privilégier les personnes qui n’hésitent pas à poster ou à commenter fréquemment
– Faites preuve de psychologie et abordez-les progressivement avec des demandes d’engagement simples et limitées au départ.
5. De l’ambition et des moyens
Dans le domaine de la création et du développement d’une communauté, comme partout ailleurs, ni la magie, ni les miracles n’existent. La pérennité de ladite communauté va reposer entre autres sur la mobilisation de moyens sur la durée en adéquation avec les ambitions attendues. En premier lieu, il y a la ressource « temps » avec 3 grands cas de figure :
- L’affectation externe ou interne d’une personne dont la mission est dédiée intégralement à faire vivre la communauté et qui est donc payée pour cela.
Cela implique une réflexion sur le modèle économique permettant de financer durablement cette ressource. - Dégager du temps en interne en substitution d’autres missions.
Cela est valable dans le cas où l’ambition de la communauté créée sert directement l’objet de l’entreprise qui la porte (exemple : le temps d’animation de la communauté de vos clients/prospects peut être considéré dans certains cas comme du temps commercial).
- Affectation du temps hors mission professionnelle à proprement dite, sur la base du bénévolat pur.
C’est la situation la plus fragile où la dynamique communautaire peut s’effondrer très rapidement, sauf si l’engagement bénévole est porté par un bénéfice dans la durée et parfaitement perceptible pour le bénévole concerné (exemple : un collectif d’entraide ou chacun tire du bien être immédiat à échanger avec les autres).
6. Small is beautiful
L’envie de réunir une grosse communauté est naturelle et souvent bien légitime car effectivement, à terme, une communauté de taille importante est un gage de crédibilité, de reconnaissance voire de puissance. Mais le piège classique est de bruler les étapes. Plus la communauté est grosse, plus la dynamique d’échange se « dilue » en quelque sorte et plus il est complexe de la faire fonctionner.
La stratégie la plus efficace est donc de ne pas griller les étapes et de réunir et animer au départ un « noyau dur » de personnes motivées et peu nombreuses pour amorcer une dynamique d’échange réelle. Ainsi, progressivement, les nouveaux membres qui vous rejoindront découvriront une communauté vivante et dynamique et seront plus enclins spontanément à y contribuer.
EN BREF
Créer une communauté pérenne et dynamique suppose donc de poser un cadre clair dès le départ : une raison d’être bien définie, des membres ciblés pour leurs attentes et leur envie d’interagir, et une animation régulière qui donne envie de participer. Cela implique aussi de s’appuyer sur des ambassadeurs, de mobiliser des moyens adaptés aux ambitions et d’accepter de démarrer à taille humaine pour construire une dynamique solide dans la durée.
Autrement dit, une communauté efficace ne se construit ni dans la précipitation ni dans l’approximation, mais par une succession de choix cohérents et assumés.
Alors… Prêt à vous lancer ?