Vous avez un trousseau de clés imposant que vous cherchez régulièrement dans votre sac, dans votre logement, ou ailleurs … ? Et si vous passiez au numérique grâce à la solution de la startup régionale HAVR (pour « havre de paix »), qui propose d’ouvrir votre porte grâce à un signal lumineux émis par un téléphone portable. C’est la solution proposée par Simon LAURENT et Alexandre BALLET, les 2 fondateurs, qui ont eu la chance de participer au CES 2018, avec la délégation régionale composée d’une vingtaine de startups des Hauts-de-France. A tout juste 23 ans, ces 2 jeunes entrepreneurs proposent un produit breveté qui correspond complètement aux nouveaux usages. La gestion et la logistique des clés sont de vraies problématiques identifiées à l’heure où les modes de vie changent, et où les personnes sont de plus en plus nomades.

 « Alexandre a passé la moitié de sa vie à l’étranger. En ce qui me concerne, j’ai également beaucoup voyagé. La question de la logistique des clés s’est donc posée très vite » explique Simon Laurent, fondateur de HAVR. D’où l’idée de créer une serrure intelligente, qui n’utilise pas la technologie du Bluetooth, comme 90% des produits proposés actuellement sur le marché, mais celle de la VLC pour « Visible Light Communication ». Son système impose de changer le cylindre de la serrure avec un équivalent équipé d’un petit boitier intelligent qui se situe à l’intérieur de la maison. Le système va alors générer un code d’entrée unique pour chaque utilisateur autorisé. Ce dernier n’aura alors plus qu’à brandir son smartphone, dont le flash de l’appareil photo reproduira cette « signature » lumineuse (LED) à usage unique.

 Deux gros avantages s’offrent aux utilisateurs :

  1. On réduit le problème de hacking puisque les périmètres d’information sont très limités par rapport aux ondes radio utilisées avec la technologie du Bluetooth.
  2. La solution s’intègre aux barillets standards. Ainsi, les personnes sont libres de choisir l’option mécanique traditionnelle avec une clé ou l’option électronique. Elles peuvent jongler entre les 2 solutions, selon leurs besoins. « L’aspect numérique est une coloration supplémentaire sur un produit que les utilisateurs maîtrisent déjà» précise Simon Laurent.

« C’est parce que nous avons été accompagnés, que l’on avance ! »

Les 2 étudiants-entrepreneurs ont pu développer leur projet grâce aux structures d’accompagnement régionales. L’Université de Technologie de Compiègne, grâce à sa filière « Entrepreneuriat élite », leur a permis de se consacrer à la création de leur startup grâce à une césure, indispensable au bon développement du projet. Ils ont aussi été lauréats du concours Pépite Tremplin, mis en place en 2014 pour favoriser la création d’entreprises innovantes par les étudiants et les jeunes diplômés. D’autres acteurs clés ont été présents, comme LMI Innovation mais aussi BpiFrance en leur accordant la bourse Emergence French Tech, l’Aide à l’innovation ou encore le Prêt d’amorçage investissement.

En ce qui concerne Hauts-de-France Innovation Développement (ex. ARI Picardie), « son rôle a été déterminant dans notre participation au CES 2018 », précise le fondateur. Véritable facilitatrice, « l’Agence nous a permis de candidater, malgré les délais, pour s’intégrer à la délégation des Hauts-de-France et bénéficier de l’accompagnement en amont de la participation au salon. Un produit physique, par rapport à une simple application par exemple, est consommateur de cash. Le réseau d’acteurs régionaux a été très important, notamment sur l’aspect financier. C’est grâce à lui que nous avons pu démarrer », affirme t’il.

Le CES 2018, plus grand salon mondial du numérique et de l’électronique grand public, a été un réel « vivier pour créer des liens avec d’autres entrepreneurs et l’écosystème régional. La participation au CES implique 3 à 6 mois de travail. Le fait d’avoir participé à cet événement nous a permis de crédibiliser notre produit. C’est le lieu incontournable où il faut être !! ».

HAVR a pu rencontrer ses clients : fournisseurs, partenaires, logisticiens et investisseurs. Chaque région envoie une délégation de startups prometteuses dans les domaines de l’électronique et du numérique. L’idée est de représenter la France, via la bannière « French Tech », 2e nation la plus représentée en nombre d’entreprises après les Etats-Unis. « Nous avons clairement vu que l’image de la France est très positive au niveau ingénierie-créativité auprès des entreprises étrangères. Il y avait une rupture entre les 2 premières nations (Etats-Unis et France) et les autres, où il n’y avait en moyenne qu’une soixantaine de startups présentes ». 

Avant leur départ, les 2 fondateurs ont pu bénéficier d’une formation du conseil régional Hauts-de-France pour se préparer au Salon. Car il faut évidemment s’entrainer pour éviter de perdre son temps. L’important est d’aller au CES avec un objectif précis et donc de bien cibler, filtrer les visiteurs pour capter les véritables clients.

Vers la commercialisation de la Bright Lock, la serrure intelligente à ouverture lumineuse

L’aventure du CES 2018 a ouvert de nombreuses portes à la start-up. Actuellement en phase d’industrialisation, la commercialisation du produit est prévue pour fin 2018. Avec un ciblage BtoB uniquement, la serrure sera mise sur le marché à un prix de 400. HAVR est également en cours de levée de fonds. 

« Nous sommes très sollicités. Nous allons faire des tests cet été avec nos clients potentiels qui viennent de secteurs divers et variés : hôtellerie, espaces de coworking, installateurs, distributeurs, collectivités…  A nous de montrer que nous sommes capables de faire des choix pour bien orienter notre stratégie de développement. Actuellement, nous ciblons davantage les entreprises ayant des problématiques de flux important de personnes et de logistique forte », assure Simon Laurent. Les jeunes fondateurs sont ambitieux mais aussi bien conscients des enjeux : « nous suivons la stratégie de l’escargot : partir autour du projet pour ensuite s’élargir ». L’objectif est actuellement de se concentrer sur leur solution, pour atteindre la taille critique. L’équipe de Havr est actuellement composée de 12 personnes. L’idée est d’embaucher afin de constituer une équipe de 16 à 20 collaborateurs à la fin 2018.

« Il y a quelque chose de fort dans l’entrepreneuriat : la solidarité entre les créateurs. C’est parce qu’ils nous ont tendu la main, que l’on a pu avancer dans notre projet », conclut Simon. Et les fondateurs ne comptent pas s’arrêter là. Ils prévoient déjà leur présence à l’édition 2019 du CES ainsi que dans les grands salons régionaux et nationaux…

 Pour en savoir plus :

Contactez Simon Laurent : simon.laurent@ekla.io
Consultez le site web de HAVR : https://www.havr.io

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