En Hauts-de-France, 2e région française productrice de lin, industriels et chercheurs se rassemblent pour valoriser cette matière première. En témoignent les exemples de la coopérative Calira et de Flaxcomposites, qui parient tous deux sur ce matériau multi-facettes.

 

Calira et ses nouveaux marchés du lin

Première productrice de fibres longues de lin, la France exporte ensuite la majorité de sa production en Chine pour alimenter le marché textile. La coopérative Calira a décidé d’intégrer le programme Sinfoni pour trouver de nouveaux débouchés.

Implantée à Martainneville (Somme), la coopérative Calira regroupe 430 producteurs de lin. En 2016, la production a atteint 8 000 tonnes pour 5 700 hectares cultivés. 80 % des fibres longues vont ensuite en Chine ou en Inde pour être transformées en fil. « Aujourd’hui, le système fonctionne correctement, mais il faut penser à l’avenir et dépendre d’un seul gros marché n’est jamais très bon », note Vincent Delaporte, directeur de la coopérative.

Parier sur de nouveaux débouchés

Calira a donc intégré en 2012 le projet Sinfoni initié par la société Fibres Recherche Développement, l’École nationale supérieure des mines de Douai et l’École nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT) de Roubaix. L’initiative, qui a pour objectif de créer les conditions d’utilisation à grande échelle du lin et du chanvre, bénéficie d’un budget de 14,5 millions d’euros sur 5 ans, rassemble 14 partenaires industriels ainsi que 6 partenaires académiques et a été labellisée par les pôles de compétitivité IAR, Techtera, et UP-tex. « L’objet de Calira est de valoriser les produits issus de la paille de lin, comme la fibre longue qui est le produit noble et la raison de notre activité puisque c’est la partie qui est exportée en Chine pour faire du fil. Mais il y a aussi la fibre courte, les paillettes, les graines et la poussière de lin », souligne le directeur de Calira.

Etablir un cahier des charges

Si l’utilisation du lin dans les agro-matériaux, le matériel sportif ou l’automobile ne représente que 0,5 % du marché, Sinfoni a pour ambition de développer ces utilisations tout en garantissant l’apport de la matière aux industriels. « L’enjeu pour nous, c’est de bien se comprendre avec les industriels. On se voit comme fournisseurs d’ingrédients répondant à un cahier des charges, mais il est important que les industriels comprennent que le lin est un produit naturel, vivant, dont les caractéristiques peuvent varier. D’où l’importance d’établir un dialogue clair », pointe Vincent Delaporte.

Contact : 03.22.28.51.09.

Pin It on Pinterest

Shares
X