La plus ancienne entreprise des Hauts-de-France est née en 1543 : Les Fonderies de Sougland, située à Saint-Michel, dans l’Aisne. Comment cette fonderie de 475 ans cette année (forge au départ) est-elle passée de la fabrication d’armures et d’épées, à des charrues et cerclage de roues de chariots, à des poêles et cuisinières puis à des pièces industrielles au savoir-faire unique, vendues un peu partout dans le monde ?

Chiffres clés :

70 salariés, 6 millions de CA dont 15 % à l’international, objectif : 50 % à horizon 2020. 800 types de pièces différentes chaque année, dont 80 nouvelles en 2017 et 120 prévues cette année.

Des pièces de 2 kg à 2,5 tonnes.

Une ambition : devenir LA référence de la fonderie en France, être LE centre d’expertise.

Bonne pratique n°1 : Etre curieux et accepter le risque

« La curiosité a toujours été présente dans l’entreprise. On s’est toujours transformés, c’est pour cela que l’on est toujours là ! » explique Frédéric Eberhardt, Directeur industriel de la société. Et si une partie du secret était là ? Cette entreprise située en zone rurale travaillant dans l’industrie lourde est tout sauf immobile. Les différents dirigeants ont de tout temps observé le monde qui les entouraient. Ils ont su s’adapter, changer de positionnement, de marchés… malgré les risques encourus. Il y a eu des échecs bien sûr, mais au global, des épées jusqu’aux pièces industrielles, cette agilité est une richesse qui demeure dans l’ADN de l’entreprise.

Bonne pratique n° 2 : Accepter d’être aidé…

Favoriser l’ouverture vers l’extérieur, bien connaître les aides, organiser sa veille… sont des leviers importants pour favoriser le développement de l’entreprise. En la matière, la fonderie a une modestie assumée : « il faut accepter de ne pas tout savoir et de ne pas rester seul » estime Yves Noirot. Arrivé il y a 4 ans au poste de Directeur Général, il a notamment sollicité un accompagnement via le programme « Industrie du futur » et a obtenu le soutien d’un PRI de BpiFrance. Cet accompagnement a généré un nouveau déclic. « Pour nous l’innovation, c’était la simulation. Mais grâce au PRI on a basculé vers un service R&D intégré. Tous nos clients peuvent maintenant disposer de travaux de laboratoire et réaliser leurs prototypes chez nous. Cela gagne 1 à 2 intermédiaires. Aujourd’hui, dès qu’il y a une pièce aux caractéristiques techniques spécifiques, c’est pour nous ! » Y.N. Depuis 2 ans et demi, un service R&D a été créé et l’offre de service de l’entreprise a fortement évolué.

Bonne pratique n°3 : Mettre le client au cœur de la stratégie

« On se nourrit de nos clients. Chaque jour il y a un client différent qui nous rend visite. On a compris que ce n’était pas uniquement les techniciens qu’il fallait faire venir, c’est le marketing qu’il faut convaincre. Les premiers peuvent avoir des contraintes techniques, les seconds sont plus sensibles à la perspective de nouveaux produits » Y.N.

Auparavant le travail collaboratif, le conseil, était fait, mais pas mis en avant. Maintenant, la phase de co-création et de design thinking est devenue un service à part entière. De l’idée à la conception en passant par le conseil ou la phase de R&D, le client peut ainsi choisir sa prestation. Le diagnostic « industrie du futur » a permis de confirmer la pertinence du projet d’entreprise dans ce sens et de valider une nouvelle offre de service en phase avec le positionnement. A l’avenir, l’entreprise envisage même de développer la prestation de service et de compléter son Business Model avec des formes de royalties.

Bonne pratique n°4 : Valoriser la recherche et le développement à l’international

Grâce au PRI, un département R&D a donc été intégré à l’usine pour alimenter la réflexion sur les pistes de développement et de diversification. À contre-courant de l’obsolescence programmée, la fonderie crée ainsi de nouvelles nuances (entendez par là des alliages) qui n’existent pas encore sur le marché. Des pièces qui durent actuellement deux ans, pourraient tenir quatre ans. Le programme de recherche a donné lieu au lancement d’une marque nouvelle, « PilHot », présentée au salon de Hanovre en 2017. C’est un axe fort du développement de l’entreprise en France et à l’Export avec certainement de nouveaux marchés à la clé. « Innovation et Internationalisation vont de pair, ils sont intimement liés, ils s’alimentent, ils sont sources de progrès permanent ». YN

Bonne pratique n°5 : Cultiver l’attractivité des métiers et la transmission des savoir-faire

Si l’activité d’industrie lourde et la situation géographique de l’entreprise ne sont pas des plus attractives, les Fonderies de Sougland ont su, malgré tout, attirer des talents. « On veut donner envie à des clients et à des talents de venir nous voir, nous voulons faire briller les yeux des jeunes pour qu’ils nous rejoignent »explique Yves Noirot.

Pour Frédéric EBERHARDT, originaire de Lorraine, s’établir dans l’Aisne n’était pas planifié. Mais cela fait 18 ans que la passion de cette entreprise l’a gagnée. Outre la responsable R&D ainsi que des ingénieurs et techniciens, de jeunes collaborateurs ont été recrutés à différents postes pour assurer le relais des plus anciennes générations. Le savoir-faire se transmet et surtout s’enrichit. Portée par une démarche RSE, la dynamique d’« entreprise libérée » fait son chemin, bref tout est fait pour séduire, fidéliser les ressources humaines aux fonderies de Sougland…

La prochaine étape serait de travailler sur une formation d’excellence en partenariat avec le laboratoire situé à Fourmies et les écoles de la région Hauts-de-France. « Je rêve de voir des Meilleurs Ouvriers de France en fonderie » Yves Noirot.

Avec la mise en œuvre de toutes ces bonnes pratiques, on comprend mieux pourquoi cette entreprise bénéficie de nombreuses reconnaissances, labels et agréments :

Une Entreprise citoyenne engagée : bref, une entreprise régionale des plus inspirantes !

Pour en savoir plus : consultez le site web des Fonderies de Sougland

 

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